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Reconstitution et expérience urbaine : le port d’Oslo en 1798

Depuis le milieu des années 1990, différents programmes de numérisation de sources anciennes ont permis de reconstituer des contextes, des univers et des ambiances urbaines passées. Trois projets, centrés sur trois villes et périodes historiques différentes – Venise, Rome et Paris – nous permettent de présenter quelques approches et méthodes pour obtenir ces restitutions virtuelles. Par contraste avec d’autres entreprises de reconstitutions, associées notamment aux films, séries ou jeux-vidéos, ils ont pour point commun de penser un aller-retour constant entre les sources et les modèles virtuels. Avec des ambitions et des moyens différents, ils illustrent tous les trois comment les humanités numériques introduisent de nouveaux modes de compréhension du passé.

« Oslo havn 1798 » est une reconstitution du port d’Oslo à la fin du XVIIIe siècle, date à laquelle la capitale norvégienne s’appelait encore Christiania. Le projet a été mené par un groupe d’historiens spécialisés dans l’histoire du commerce maritime et l’histoire locale. Ces derniers ont travaillé avec des spécialistes de la modélisation en 3D et de la communication. Dans leur démarche, ils ont créé une entreprise, « Tidvis », qui fournit des outils interactifs de vulgarisation historique, pour l’enseignement et les musées notamment.

Cette reconstitution est explicitement présentée, par ses créateurs, comme un outil pédagogique, largement interactif. L’utilisateur peut ainsi cliquer sur de nombreux éléments dans la reconstitution elle-même, ou sur la carte qui l’accompagne, pour accéder à plus d’informations (qui ne sont malheureusement pas toutes traduites en anglais).

Cette interactivité déborde l’espace de la reconstitution numérique, l’utilisateur est invité à s’en servir comme d’un outil pour découvrir la ville d’Oslo contemporaine. La carte de 1798 qu’ils ont utilisée est ainsi superposée à celle de Google Maps et des « boîtes à odeurs » ont été installées le long du port d’Oslo pour permettre aux visiteurs de retrouver l’univers olfactif du XVIIIe siècle.

Vous pouvez cliquer sur ce lien pour accéder à la plateforme interactive

 

Publié le 31 octobre 2018